Opinion et stratégies d'entreprises Consumer Services Santé Media et numérique Luxe

Sondage 07.12.2015

Le profil des électeurs et les clefs du premier tour des élections régionales de 2015

Quel est le profil des différents électorats, ou plus globalement des votants ? Quels éléments ont motivé les électeurs et quels enjeux ont dominé le scrutin ? Réalisé le 6 décembre, soit le jour du premier tour des élections régionales de 2015, le sondage Ifop et Fiducial pour iTELE, Paris Match et Sud Radio permet d’éclairer et de comprendre les mécanismes ayant opéré lors de ce scrutin, au-delà des résultats.

La participation s’est avérée supérieure à celle des deux précédents scrutins régionaux. 50,1% des personnes inscrites sur les listes électorales se sont déplacées dimanche 6 décembre. L’analyse des résultats permet d’observer une sur-mobilisation de l’électorat du Front National. 65% des personnes ayant voté pour Marine Le Pen au premier tour de l’élection présidentielle de 2012 ont ainsi participé au premier tour du scrutin régional (contre 45% pour ceux ayant voté pour Jean-Luc Mélenchon, 52% de ceux ayant voté pour François Hollande et 62% de ceux ayant voté pour Nicolas Sarkozy) ce qui explique en partie les résultats inédits obtenus par le Front National pour cette élection intermédiaire. En-dehors de ces éléments politiques, les clivages traditionnels observés sur la participation électorale ont opéré : les jeunes (30% des moins de 35 ans, contre 70% des 65 ans et plus), les femmes (45%, contre 57% des hommes) et les personnes appartenant aux milieux modestes (41% des ouvriers et 45% des non-diplômés ou des titulaires d’un CEP ou d’un BEPC, contre 54% des diplômés du 2ème ou du 3ème cycle) se sont le moins mobilisés. Le mécontentement à l’égard des partis politiques a alors constitué la principale motivation des abstentionnistes (35% de citations).

Avec 28,4% des suffrages exprimés en France métropolitaine, le Front National est arrivé en tête au niveau national. Ce résultat repose sur sa capacité d’attractivité auprès des milieux modestes (38% des employés, 51% des ouvriers, 35% des non-diplômés ou titulaires d’un CEP ou d’un BEPC et 46% des titulaires d’un CAP ou d’un BEP), de « la France du travail » plus généralement (35% des 35-49 ans et 34% salariés du secteur privé), mais aussi auprès des anciens électeurs de la droite et du centre. 12% des personnes ayant voté pour François Bayrou, et surtout 18% de celles s’étant orientées vers Nicolas Sarkozy au premier de l’élection présidentielle de 2012, ont apporté leurs voix le 6 décembre 2015 aux listes du Front National. Les listes du mouvement présidé par Marine Le Pen devancent ainsi celles des Républicains, de l’UDI et/ou du MoDem (27,1%) et celles du Parti Socialiste et du Parti Radical de Gauche (23,5%). Les listes de gauche alternatives, c’est-à-dire du Front de Gauche, d’Europe Ecologie Les Verts et/ou de Nouvelle Donne, ont quant à elles obtenu 11,3% des suffrages exprimés, ce qui permet malgré tout au bloc de gauche de dépasser le bloc constitué par les listes de droite et du centre, et celui des listes se réclamant du Front National, et d’ambitionner la conservation de quelques régions à l’issue du second tour.

A l’instar des élections départementales ayant eu lieu la même année, les élections régionales ont été vraisemblablement dominées par des enjeux locaux. 63% des personnes interrogées les évoquent avant les enjeux nationaux, tandis que 37% d’entre elles adoptent une position opposée. Notons néanmoins que 39% des votants ont été au moins partiellement motivés par l’envie de sanctionner la politique du Président de la République et du Gouvernement. Ce score s’élève d’ailleurs à 49% auprès des électeurs des Républicains, de l’UDI et/ou du MoDem et culmine à 68% auprès des personnes ayant voté en faveur d’une liste du Front National. Quelques semaines après le déroulement des événements, les attentats de novembre à Saint-Denis et à Paris semblent avoir eu un impact limité mais non négligeable sur le scrutin : 8% des votants, et surtout 16% des électeurs du Front National, déclarent avoir changé d’avis dans leurs choix de vote à cette occasion. Mais ce sont avant tout les thématiques socio-économiques qui ont influé sur les choix des électeurs. 93% des votants expliquent en effet que l’emploi a été un thème déterminant dans la constitution de leur vote, soit un score supérieur à celui observé pour la sécurité des biens et des personnes (85%) ou la lutte contre le terrorisme (76%). Pour ce qui est des compétences régionales, les enjeux socioéconomiques dominent encore. 89% des votants se sont préoccupés du développement économique et de l’aide aux entreprises sur leur territoire avant de voter, contre 82% pour la protection de l’environnement et le développement durable et 80% pour les transports régionaux.

Echantillon de 2904 personnes inscrites sur les listes électorales, extrait d’un échantillon de 3 065 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

La représentativité de l'échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, catégorie socio-professionnelle) après stratification par région et catégorie d'agglomération. Les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administré en ligne (CAWI - Computer Assisted Web Interviewing) le 6 décembre 2015.

AVEC:  Fiducial / CNEWS / Paris Match / Sud Radio

Nous contacter

Frédéric Dabi Frédéric Dabi :
DGA - Département Opinion et Stratégies d'Entreprise
Email
Jérôme Fourquet Jérôme Fourquet :
Directeur de Département Opinion et Stratégies d'Entreprise
Email


tél : (33) 01 45 84 14 44
Fax : (33) 01 45 84 93 38