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Sondage 10.10.2016

La France des solutions

Près de huit Français sur dix estiment aujourd’hui que, dans la vie, il faut prendre les choses en main et ne pas subir (79%) plutôt que de les prendre comme elles sont (21%), soit une augmentation de trois points par rapport à l’an dernier. Outre ce surcroît de volontarisme, on observe qu’il n’est pas appréhendé de la même manière en fonction de l’âge : en effet, plus on est jeune et plus l’item « il faut prendre les choses comme elles sont » est cité (de 14% chez les 65 ans et plus à 31% chez les 18-24 ans), preuve qu’un certain fatalisme traverse une partie de la jeunesse du pays et que le rapport à l’adversité évolue avec l’âge et l’expérience.

Dans le détail, le volontarisme des Français s’exprime dans leur propension à s’engager pour différentes causes, par exemple en faisant du bénévolat ou du volontariat pour une association ou ONG. Ainsi, deux tiers (64%) se disent prêts à s’engager auprès d’une organisation consacrée à la culture et aux loisirs, une thématique suivie par d’autres domaines plus relatifs aux problématiques sociétales comme l’environnement (62%), la santé (61%) et l’action humanitaire (60%, qui recoupe l’action caritative, l’aide à domicile, etc.). Par ailleurs, environ la moitié des Français serait prête à s’investir dans l’éducation (50%, par exemple dans des fédérations de parents d’élèves) ou la défense des droits (48%, syndicats, copropriétés, etc.). Si des centres d’intérêt comme le sport (44%) et le patrimoine (39%) suscitent encore une disposition d’engagement importante, on relève que les domaines les moins stimulants sont la politique (20%) et la religion (17%). Dans le détail, on observe un surcroît d’engagement potentiel chez les plus jeunes et un score généralement inférieur à la moyenne chez les plus âgés… sauf en matière de défense des droits (53% des personnes âgées de 65 ans et plus susceptibles de s’y investir, contre 48% en moyenne) et de patrimoine (41%, contre 39%).

De même, lorsqu’on analyse les réponses en fonction de la place du volontariat dans la vie, on constate que les personnes estimant qu’il faut prendre les choses en main sont un peu plus prêtes à s’engager pour des causes, excepté en matière de religion où ils sont devancés par les plus fatalistes (21% de ces derniers sont prêts à s’engager, contre 16% chez les autres). Enfin, eu regard de la proximité politique, on relève également une plus forte disposition à s’engager chez les sympathisants de gauche, à l’opposé des partisans du Front National, systématiquement plus détachés.

Dans une société où la majorité estime qu’il faut prendre les choses en mains, il n’est guère étonnant que les individus eux-mêmes soient considérés comme l’acteur le plus à même de trouver des solutions pour améliorer la situation dans le pays (31%). Par contraste, seuls 13% des Français citent l’Etat et les pouvoirs publics, 11% les entreprises privées et les associations, quand un tiers ne fait confiance à aucun de ces acteurs (34%). Dans le détail, les jeunes se montrent les plus désabusés (50% des 18-24 ans ne font confiance à personne) alors que leurs aînés privilégient davantage qu’en moyenne les individus (34%). Au regard de la proximité politique, chaque sensibilité se distingue : les sympathisants du Front de Gauche ont davantage confiance dans les individus (40%), les proches du Parti Socialiste (parti aujourd’hui au pouvoir) privilégient l’Etat et les pouvoirs publics (31%), les partisans des Républicains optent pour les entreprises privées (29%, symboliquement devant les individus, 28%) et les sympathisants frontistes, comme les plus jeunes, se défient de l’ensemble de ces acteurs (54%).

Au final, trois quarts des Français (74%) considèrent que ce sont les citoyens qui sont les mieux placés pour améliorer la situation dans le pays, car c’est par une somme de petites initiatives qu’on peut vraiment changer les choses. A contrario, 26% estiment que ce sont les politique qui sont les mieux placés, eu égard à leurs leviers législatifs et budgétaires. Dans cette dichotomie, une opposition se fait jour : environ deux tiers des sympathisants des partis de gouvernement (64% au PS et 67% chez Les Républicains) privilégient l’action des citoyens quand ce score dépasse les 70% dans des franges plus contestataires comme les proches du Front de Gauche (72%) et du Front National (79%).

Echantillon de 1001 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

La représentativité de l'échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, catégorie socio-professionnelle) après stratification par région et catégorie d'agglomération. Les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administré en ligne (CAWI - Computer Assisted Web Interviewing) du 28 au 30 septembre 2016.

AVEC:  DIMANCHE OUEST FRANCE

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