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Sondage 22.09.2017

La position des Français sur la PMA et sur la GPA suite aux déclarations de Marlène Schiappa

Le gouvernement a-t-il raison de temporiser sur la question de l'ouverture de la PMA à toutes les femmes suite aux réactions provoquées par la volonté affichée par Marlène Schiappa d'accomplir cette promesse électorale dès l'an prochain ? Craignant l'affirmation d'une opposition de la même ampleur que celle qui s'était exprimée contre le mariage pour tous et peut-être aussi des dissensions au sein d'un gouvernement où diverses "sensibilités" coexistent sur le sujet, plusieurs ministres de poids ont en effet semblé freiner des quatre fers sur la question suite aux propos de la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes mardi dernier. Pourtant, quel est précisément le risque d'opinion pour Emmanuel Macron et son gouvernement de faire passer une loi sur la PMA des 2018 ? Au regard des résultats d'une enquête publiée sur le site My-Pharma, ce risque semble pour l'heure relativement ténu, tout comme l'impact dans l'opinion des critiques exprimées ces derniers jours sur les conséquences qu'un tel élargissement aurait sur le plan technique ou financier (ex : remboursement par la Sécurité Sociale, pénurie de gamètes...).

POUR LIRE LES RESULTATS DE L’ETUDE, CLIQUEZ SUR LE LIEN CI-DESSOUS : http://www.my-pharma.info/actu/enquete-ifop-pma-gpa/

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- L'adhésion des Français à l'ouverture de la PMA a toutes les femmes atteint un niveau record

Réalisée une semaine après les propos de la secrétaire d'Etat, cette enquête Ifop-My-Pharma confirme en effet l'attachement croissant des Français au respect de cette promesse de campagne d'Emanuel Macron : leur adhésion à l’élargissement de la PMA atteignant un niveau record aussi bien pour les couples de lesbiennes (64%) que pour les femmes célibataires (65%). Et dans les deux cas, on note une rapide banalisation de l'idée de PMA dans l'opinion depuis la période d'intense débat sur le sujet que fut l'année 2013 : +17 points en quatre ans pour l'ouverture aux lesbiennes, +8 points pour l'ouverture aux célibataires. Et en prenant encore plus de recul, on observe qu'alors qu'il y a une trentaine d'années, le taux d'adhésion à l'égard d'une PMA aux couples de lesbiennes était deux fois plus faible (24%) que pour les célibataires (53%), il n'y a plus désormais de différences en fonction de l'orientation sexuelle des femmes qui pourraient en bénéficier.

2 - La "PMA pour toutes" : une promesse de campagne d'Emmanuel Macron à laquelle ses électeurs sont vivement attachés

Le risque d’opinion apparaît aussi plutôt faible pour la majorité sur ce sujet au regard du niveau d’adhésion de ceux qui constituent le cœur des soutiens de l’action du gouvernement, à savoir les sympathisants actuels d’En Marche (67% à 69%) et les anciens électeurs Macron à l’élection présidentielle : 71% des Français ayant voté pour lui au premier tour soutiennent l'élargissement de la PMA aussi bien aux lesbiennes qu'aux célibataires. Par ailleurs, il est intéressant de noter que ce projet est aussi majoritairement soutenu par les sympathisants des autres forces politiques de la majorité gouvernementale, alors même que l'on sait que la plupart des ministres de droite et de centre droit étaient opposés à la PMA avant d'entrer au gouvernement. En effet, non seulement les sympathisants du MoDem sont favorables à cet élargissement (63% aux lesbiennes comme aux célibataires) mais aussi les sympathisants de droite se retrouvant dans la démarche des Constructifs : 51% d'entre soutiennent l'ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes et 59% des femmes célibataires, ce qui les distingue en cela très nettement des sympathisants LR sur le sujet qui, eux, y restent massivement opposés.

3 - L'impact dans l'opinion des critiques sur les conséquences d'une éventuelle ouverture de la PMA à toutes les femmes est relativement limité

Les arguments mis en avant par des polémistes comme Éric Zemmour dénonçant notamment le fait que « les pauvres, par leurs cotisations, payeront les caprices des riches » ne semblent pas pour l'heure partagés par la majorité des Français. Seules 44% des personnes interrogées ne souhaitent pas que les femmes seules ou les couples de femmes homosexuelles bénéficient du même niveau de prise en charge que les personnes ne pouvant avoir d'enfants pour des causes médicales. Ainsi, une majorité de Français refuse que l'on remette en cause le principe d'égalité de traitement entre bénéficiaires de l'assurance maladie en faisant une distinction en matière de remboursement entre ce qui relèverait du thérapeutique – la PMA pour des raisons médicales – et ce qui n'en relèverait pas, c'est-à-dire la PMA pour les couples de lesbiennes ou les femmes célibataires.

POUR LIRE LES RESULTATS DE L’ETUDE, CLIQUEZ SUR LE LIEN CI-DESSOUS : http://www.my-pharma.info/actu/enquete-ifop-pma-gpa/

Le point de vue de François Kraus de l'Ifop

L'élargissement de la PMA à toutes les femmes ne constitue pas aujourd'hui un véritable risque d'opinion pour le gouvernement. Il faut dire qu'au cours des trente dernières années, il s’est produit une grande transformation en France des attitudes à l’égard des homosexuels en général et de l'homoparentalité en particulier, qui a facilité une plus grande acceptation sociale des modèles parentaux alternatifs sortant de la norme de l'hétérosexualité. En cela, l'institutionnalisation du couple homosexuel par les lois sur le PACS (1999) et le mariage pour tous (2013) ont sans doute fait beaucoup évoluer les représentations à l'égard de l'homoparentalité, tout comme la récente décision du comité d'éthique (CCNE) en faveur d'une ouverture de la PMA aux femmes ne souhaitant pas procréer sans partenaire masculin. Plus que les dernières déclarations de la secrétaire d'État, c'est sans doute cette reconnaissance par les institutions officielles qui contribue à favoriser l'adhésion des Français à ces sujets dans un contexte où les opposants à l'avancée des droits LGBT ne bénéficient plus d'autant de relais dans la sphère politique après les retraits de personnalités comme Marion Maréchal-Le Pen, François Fillon, Christine Boutin ou Hervé Mariton. François Kraus, directeur des études politiques à l’Ifop,

Echantillon de 1009 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

La représentativité de l'échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, catégorie socio-professionnelle, niveau d'éducation) après stratification par région et catégorie d'agglomération. Les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administré en ligne (CAWI - Computer Assisted Web Interviewing) Du 20 au 21 septembre 2017.

AVEC:  My-Pharma.info

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